Je vous transmets les textes que notre courageuse guerriere , tant que le cancer lui en laissait la possibilié..

                           Je suis la déchirure; je suis cette blessure qui saigne et se creuse toujours plus profondément de jour en jour, d'angoisse en détresse, de larmes en sanglots. Je suis l'écorchée vive, l'ouverture déchiquetée qui hurle en silence sa souffrance. Quel est donc ce couteau qui s'enfonce irrémédiablement dans mon corps et dans mon âme et leur interdit à jamais la paix et le repos? Je perds pied dans cette réalité, je perds le courage et le désir de vivre. Je laisse filer ma vie. Je croyais avoir pris appui sur un rocher solide qui m'avait accueillie, mais il a sombré, emporté par le tumulte de la vie; il s'est dérobé et j'ai perdu tout repère, toute confiance, tout vouloir. Il ne me reste qu'une immense lassitude, une incommensurable fatigue, et, devant moi, une béance aussi impressionnante qu'un trou noir, un silence vide de toute attente et de toute envie.(christelle.).........
 
             L'orage qui gronde. Matin d'espoir ou de détresse, calme apparent de l'eau seulement agitée de frissons épars; lumière qui ruisselle des nuages pour aller caresser et éclairer un instant encore ce semblant de vie - cette vie qui s'en va au fil de l'onde, au fil du temps, comme poussée par l'urgence, par les nuages d'acier de la tempête en devenir. Je regarde une dernière fois s'envoler les oiseaux dans l'éclat doré, vers cette infinie tristesse et je laisse mon regard les suivre et les accompagner au delà du silence, au delà de la quiétude, au delà de mes regrets. J'attends l'éclair, le grondement du tonnerre. Je sais qu'il est là, tout près, si près même que mon coeur tressaille, que mon corps se rétracte - l'effroi, la peur du bruit de la douleur et ces larmes à jamais perdues dans la mer de l'indifférence(christelle)............